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La responsabilité n'est que dans la mesure de la liberté.

Lundi 3 septembre 2007

La nuit s’écroule lentement sur la capitale des Gaulles. Les derniers fou rires laisseront bientôt place aux cinglants sons de cloches des cours de récréation. L’euphorie, à bout de souffle, s’éteint dans une nostalgie non nécessaire mais au combien suffisante pour dores et déjà attendre le lointain retour des vacances. Les élèves, dès demain, rêvasseront, un bras supportant une tête encore trop pleine de songes, revisitant dans les moindres détails des plus beaux souvenirs de ces deux mois de « repos ».

 

 

Un air de rentrée. L’heure est au bilan. Au bilan de trois années de lycée, qui, à la grandeur des moments de bonheur qu’elles nous ont apportés, nous laissent le goût sucré de rires et de sourires encore frais dans nos mémoires. Les souvenirs nous font peu à peu défaut et le temps semble rétrécir ces quelques années à quelques secondes inexplicables dans notre mémoire. Le dernier été de jeunesse, d’insouciance et de plaisirs innocents fut. Oh combien de malheureux se dénombrent déjà d’eux-mêmes pour se plaindre, ensemble - car c’est ensemble que la nostalgie de ce qui a été et encore plus de ce qui n’a pas été, est la plus forte – de deux mois qui ne furent, en somme, que trop courts ?

 

 

Toutefois l’excitation est là. Cette peur de l’avenir, toujours, mêlée aux quelques impatiences, de découvrir un univers nouveau nous envahit. Le monde est un grand demain. Demain tout change, demain ce n’est pas comme hier et ni comme aujourd’hui. Demain c’est la promesse du mieux, car c’est la promesse d’un changement que l’on croit nous appartenir. Demain c’est l’envie de parfaire nos acquis et de refuser les fruits d’un mauvais hasard. Demain, enfin, c’est l’espoir, espoir de recommencer là où on a échoué, espoir de revoir ceux qui aiment, espoir de retrouver ceux qu’on a blessés, espoir de rencontrer ceux qui n’attendent que nous.

 

 

Demain, c’est la rentrée en prépa. Je me surprends déjà à rêver de quelques rencontres, à songer à quelques nouvelles découvertes, à construire peu à peu mon futur moi. L’été fut riche. Beaucoup de nouvelles rencontres, dont deux magnifiques demoiselles qui ont su faire briller un quotidien fait d’encre et de papier. Cet été ce fut aussi une perte, une des plus lourdes de ma vie. Parcourant les vents ascendants peut-être mes quelques amoures seront-elles accueillies dans la plus belles des demeures. Je me souviens de sourires, je me souviens du pire. N’a-t-on jamais l’impression paradoxale, en apparence seulement, que le temps est toujours trop court, là où il a mis tant de temps à se déployer ?

 

 

Des longs tableaux parisiens, du cloître de notre Dame aux parterres fleuris du Champ de Mars  restent de cet été l’ivresse d’amitiés partagées. Oui, bien sûr, il me restera toutes ces choses, ces belles choses que sont le savoir, mais ce sont ces soirées d’amitié avec un pot de glace devant un feuilleton, ou bien dans un restaurant japonais aux abords du grand Rex, ou encore au détour d’un film d’éleveur de dragons qui me feront vibrer, et qui, au final, me tiendront chaud ces longues nuits d’hiver.

 

 

C’est un nouveau quotidien qui m’attend demain, et j’espère secrètement qu’il sera tel un haut-de-forme, laissant découvrir à chaque instant une colombe au plumage plus blanc et plus pur que celui de la précédente. Enfin, me semble-t-il que c’est avec sérénité que j’aborde cette nouvelle aventure et avec beaucoup de hâte que je prendrai la voiture à mon réveil.

 

 

Lycée du Parc, me voilà !

 

 

 

 

Par Philolune - Publié dans : Racontage de Vie
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Mardi 10 juillet 2007

Le temps, loin d’être notre ennemi, nous laisse cependant accroire que nous sommes maîtres de nos souvenirs et que le passé reste en nos esprits aussi limpide qu’il put être. J’essaie tant bien que mal de ne pas sombrer dans cette pure hérésie et la conscience de cette mouvance temporelle me pousse inlassablement à conserver le plus complet possible ces quelques bribes de témoignages de ce qui fut.

 

 

Il n’est pas une semaine encore, je me rendais à une soirée pour l’anniversaire d’un de mes camarades. Loin de me rebuter à cette idée, j’acceptai d’ailleurs volontiers l’invitation qui me sous tendait l’opportunité d’entreprendre une nouvelle fois de profonds échanges avec ceux qui avaient bâti mon quotidien cette année. Alors j’y allai.

 

 

La soirée était douce, le ciel ne semblait pas encore prompt à nous livrer bataille, et la brise du soir était elle-même si soucieuse que nous passâmes un moment qu’elle ne nous contraignait en rien à porter un quelconque par-dessus. L’été, plus timide que les années précédentes, craignait de s’imposer et s’avançait alors avec toute la délicatesse que les mains d’un amant peuvent porter au corps sa maîtresse.

 

 

Notre première aventure épique nous amena à quitter le lieu de la fête pour rejoindre, à travers ruelles et impasses ouvertes, ce qui nous avait été décrit comme la terre promise. Nous partîmes une poignée et nous explorâmes les moindres recoins de cette grande bourgade. Une fois arrivé l’accueil ne fut cependant que peu chaleureux et l’idée du retour ne me plaisait toutefois guère. Je décidai alors de quitter le groupe.

 

 

Me voilà, errant, non plus dans ces petites rues de l’est lyonnais, mais dans ces grandes avenues où les voitures, une à une, risquent de vous écraser à chaque instant. Mes pieds foulent ce sol à l’odeur encore tiède d’une journée de plein soleil. Au loin, une femme avec une poussette essaie, avec grande peine, de se frayer un chemin sur un passage apparemment prévu à cet effet. Aux cris du nourrisson répondent ceux des klaxons.

 

 

Je continue alors ma route. Combien de personnes aujourd’hui ont été dans la même situation que cette femme, à lutter, simplement pour pouvoir traverser la rue ? Combien sommes-nous chaque jour à lutter contre les incivilités les plus basses ? Mais surtout combien sommes-nous à en faire ? Ne sommes-nous pas responsables de ces petites choses qui obscurcissent ce quotidien ? Un peu plus loin sur ma droite, j’aperçois un kebab de quartier. Une vingtaine de personnes, jeunes et moins jeunes, est rassemblée devant le poste de télé pour regarder ce qui me semble être un match de foot. Alors, bêtement, je souris, satisfait de voir qu’il subsiste un lien social entre ces gens. Je regrette certes qu’il n’y ait que des maghrébins dans ce café restauration rapide, alors que j’aurais aimé y voir d’autres couleurs, mais il ne faut pas forcer la mixité.

 

 

Lentement je traîne inlassablement mes pieds sur le goudron décinois. Je réfléchis à ce mélange, à cette mixité, et le débat qui l’entoure. Nous ne devons forcer la mixité ni la parité d’ailleurs, mais ne faut-il pas quelques fois que la loi impose celle-ci pour forcer son acceptation ? N’a-t-il pas fallu parachuter des militaires dans une école aux Etats Unis pour abolir la ségrégation ? Une autre question me vient alors à l’esprit, combien de voitures n’auraient pas accordé le passage à cette jeune mère si une caméra avait été préalablement installée ? Sûrement beaucoup moins.

 

 

Les premières gouttes d’un ciel qui ne supporte que trop mal son immensité se font ressentir. Viens mon ciel, viens je t’attends. De tout mon être je n’ai attendu que toi. Sans obligation rien n’empêche ton action, bouffi de contraintes tu plies. L’homme libéré peu à peu de toutes ses contraintes loin de se battre avec lui-même s’oublie, et s’abolit lâchement de toutes ses obligations. Il croit voler plus haut que toi par la nécessité de sa liberté et flotte dans les cieux de son inconscience alors que les lourds fardeaux de sa réalité le tiennent plus que jamais à la surface du globe.

 

 

Une rue, faiblement ombragée, s’allonge sur ma droite. Des arbres toujours plus grands naissent au loin au gré de mon avancée. Le mûr, que ma main caresse distraitement, dégage encore une douce chaleur. L’inertie des roches est la plus grande de toute. Par terre se lassent et se prélassent quelques limaces qui profitent encore de la pluie de l’après midi. A leur côté se trouvent paquets de cigarettes déchirés, mégots à moitié consumés, briques de jus d’orange éventrées, divers papiers aux côtés brûlés, et même quelques seringues usagées. Quelle belle nature que voilà ! Les travaux de l’homme dont il est si fier et ceux de la nature si agressive et si vile ! Oui, me voilà maintenant assuré que l’homme ne trouve sa valeur que dans son triomphe sur cette absurde nature. L’homme est fait pour la dominer, la preuve est évidente : l’homme est conscient de lui-même tandis que la nature, qui n’est en réalité qu’un rassemblement hétéroclite des diverses conséquences d’un hasard désorienté, n’est même pas consciente d’elle-même ! L’homme vaut mille fois mieux qu’elle, il en est alors le maître de droit.

 

 

Voilà une bonne demi-heure que je me suis mis en marche et une douleur vive à la jambe me relance. Je décide de faire une pause. Quelle étrange idée d’être monté sur ce pont. Pourtant, la vue est ici formidable. Sous moi s’étend le plus grand de tous les lacs, le plus connu, le plus fier au teint azur à l’odeur portuaire : le Grand Large. Quelques cygnes viennent ci et là, formant à la surface de l’eau des rides de plus en plus grandes. Une question me vient encore à l’esprit : Comment l’homme peut-il consciemment amener ce monde, aussi beau qu’il sait lui-même l’avouer, à sa destruction ? Comment l’homme, avec une aussi grande arrogance qu’on peut lui prêter, accepte-t-il sa propre destruction de ses mains?

 

 

Pendant quelques instants le monde s’arrête, le ciel devient aveugle, et un grand cri de tiraillement parcourt l’air. Le tonnerre gronde, l’orage approche, il est temps pour moi de rentrer. Je quitte le pont pour prendre à gauche. J’arrive sur un petit chemin de terre qui longe le lac. Des centaines de moustiques m’attaquent. Quelle folie a pu me guider jusqu’ici ? Je presse le pas.

 

 

Depuis le siècle des Lumières la science est adorée, considérée presque comme le nouveau, et assurément le plus puissant des dieux. Les hommes s’agenouillent devant elle et en tire un profit jusqu’alors espéré seulement dans les rêves les plus fous. Avant l’homme rêvait de voler voilà chose faite. Les contraintes de l’espèce humaines sont peu à peu réduites à néant et alors que les obligations devraient promptement s’établir pour contrôler ces avancées, elles sont plus en déclin que jamais. Les obligations et la morale ont fait place à la loi et aux contraintes juridiques. Les hommes, loin de s’imposer leurs propres règles, justifient cet état de fait en se ruant aveuglément dans l’utilisation abusive de tout ce qui n’est protégé par le cadre légal.

 

 

Les hommes se sont condamnés à leur propre surveillance. Vive la télésurveillance !

 

 

Je reconnais au loin les éclats de rire de quelques amis.

 

 

Je rentrai alors et quelques amis inquiets de mon absence me sautèrent au cou. Là où de longues discussions auraient été vaines, un simple regard suffit. A quelques pas de nous, plusieurs inconnus défendaient avec ardeur le programme du front national…

Par Philolune - Publié dans : Sujet de Société
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Samedi 9 juin 2007

La fin de l’innocence.

 

 

Voilà quelques temps déjà que j’aurais du écrire un article. Non pas qu’il soit du à quelqu’un ou à moi-même, mais parce qu’il m’est outils de communication, avec les autres bien sur, mais avec certaines parties de moi que j’ai trop tendance à délaisser. Ceci est très paradoxal de prendre le temps à ce moment, là où les autres s’acharnent sur leurs dernières révisions. Je devrais sûrement en faire autant… Soit. Je ne le fais pas. Alors que je fasse au moins bien ce que je décide de faire.

 

 

Comme je l’écrivais dernièrement à un de mes professeurs, le baccalauréat est un examen très étrange. Il sanctionne plusieurs années de travail, plus ou moins intense et exigeant. On nous l’annonce depuis tout ce temps mais pourtant, nous n’y croyons qu’à peine…Croire et savoir… Voilà donc deux choses bien distinctes.

 

 

C’est alors que me préparant pour cet examen, qui ressemble bien plus à un concours, je viens à résumer ces trois années passées au lycée. Il est bien sur impossible de résumer trois ans de vie en quelques lignes car trois ans ne peuvent que se résumer en trois ans. Chaque moment est important. La durée et le temps sont deux données distinctes, temps plus ou moins subjectif. Toutefois quelques événements viennent à marquer cette vie, cet être, ce chemin, cette histoire qui s’est débattue tant bien que mal avec elle même, avec les autres et avec ce monde qui l’a entourée.

 

 

Je ne suis assurément plus la même personne que celle qui est entrée au lycée il y a trois ans maintenant. Je me rappelle encore ma première journée, dans une classe qui m’était pratiquement toute entière inconnue, dans ce milieu hostile qui n’aspirait, du moins je le croyais, qu’à mon affaiblissement, si ce n’est à ma destruction. Mais, dès ce jour, des amitiés commencèrent à se tisser, des sourires, des politesses, des regards. Je pense que j’ai ce jour là préjugé sur beaucoup de choses. Il est bien connu de s’excuser d’avoir fait quelque chose de mal, mais il est moins aisé que de promettre, sincèrement, de ne plus le refaire.

 

 

Le lycée est pour beaucoup le lieu des émancipations, de la conquête de soi. Ce fut mon cas. Je n’aurais clairement pas pu développer cet esprit qui est le mien, cette assurance, bien qu’encore frêle certaines fois, ce désir d’apprendre et cette envie de vivre sans toute cette série de rencontres.

 

 

Ma vie n’a pu se limiter au cadre scolaire, et toutes mes aventures, plus ou moins fructueuses, m’ont montré qu’il ne fallait pas avoir peur d’avancer, d’innover, mais que le seul ennemi de l’homme c’est la stagnation. Il faut toujours aller de l’avant, en essayant de blesser le moins possible. J’ai dans les premiers temps eu bien du mal à accepter que des liens se défassent et que d’autres se créent mais je considère cela aujourd’hui comme une richesse inépuisable.

 

 

Je sais qu’il me reste beaucoup de choses à apprendre. J’ai mis du temps cette année à accepter cette « séparation » qui s’impose avec ma vie de lycéen, de toutes mes habitudes, d’avancer vers cet inconnu, mais j’en suis heureux tout compte fait car mes relations les plus stables survivront à ces changements.

 

 

Quelques noms que je retiendrai, mis dans le désordre pour ne fâcher personne (liste non exhaustive) : Flora, Marion, Armelle, Anthony, Sonny, Robin, Hélène, Valentin, Lilliane, Barbara, Laurent, Axel, Doriane, Antoine, Léonie, Jacques, Julien (pas celui que vous croyez, sauf si vous croyez juste), Renaud, Elise, Delphine, René, Bruce, Sarah, Justine, Floriane, Julie, Loïc, Adrien, Lucie, Elsa, Laure… Paul.

 

 

Article inutile, comme beaucoup, mais j’avais envie de le faire. C’est fait. L’envie est passée.

 

 

Mon dernier souvenir… Hier soir… Delphine me ramenant, la voiture parcourant les grandes plaines de l’est lyonnais, filant aussi vite qu’un photon dans l’obscurité la plus complète, un sourire, une discussion sincère…

 

 

Si j’avais trois choses à garder de ces années: amitié, danse et amour.

 

Par Philolune - Publié dans : Racontage de Vie
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Mercredi 25 avril 2007

"Bon, nous avons cinq bonnes minutes d'avance. Le bus ne devrait pas tarder, tu sais on ne peut jamais vraiment prévoir s'ils auront du retard ou de l'avance, alors mieux vaut s'assurer cinq minutes d'avance.

-Oui. Enfin ce ne sont que de petits détails au regard de la protection de l'environnement non?"

 

Le printemps s'annonçait timidement là où l'hiver ne lui cédait guère de place. Déjà les premières fleurs sauvages avaient envahit les parterres des plus beaux jardins. Le Soleil brillait, fièrement, au-dessus des nuages. Une belle journée s'annonçait.

 

"Ah Elise... Oui tu as raison. J'aime beaucoup cette phrase qu'ils nous ont passée à la radio.

-Laquelle?

-"Il n'y a pas de petit geste quand nous sommes soixante millions à le faire".

-Ah oui, celle là! J'aurais préféré qu'ils disent "il n'y a pas de petits gestes quand nous sommes six milliards à le faire". Enfin il faudrait déjà que certains pays aient de quoi nourrir leur population...

-Tu sais, Elise, tu es la première personne que je rencontre qui soit plus internationaliste que moi! -Quand j'entends tous ces débats francofrançais, toute cette agitation autour des élections présidentielles ça me donne envie de vomir.

-Je pense que c'est important d'avoir une politique intérieure.

-Et de s'occuper de petits problèmes superficiels d'économie alors que certains crèvent de faim?

-Je pense qu'il faut savoir trouver un compromis entre politique intérieure et extérieure. Quand président et des députés sont élus, ils sont mandatés pour défendre les intérêts de la France. Mais bien sur, ils sont des hommes avant tout et je pense qu'ils doivent faire passer certaines choses avant d'autres, en effet.

-Serais-tu prêt à contribuer au développement des pays du Tiers monde en sacrifiant tout le budget de la culture, des sports, etc...?

-Non.

-Alors regarde tes contradictions.

-Mais, les hommes peuvent-ils s'aider les uns les autres s'ils se condamnent tous à l'ignorance?

-Non mais avant de s'occuper à des loisirs ou activités inutiles ils devraient penser à donner aux autres de quoi vivre.

-Tu as raison, mais peut on sacrifier l'éducation et l'élévation de l'esprit? Serais-tu prête à mettre un ordre dans les libertés et les droits fondamentaux? Affirmerais-tu que le droit à la vie prévaut sur celui à l'éducation?

-Sans vie il n'y a pas d'éducation.

-Ta logique est indiscutable, mais qu'est-ce que vivre sans éducation si ce n'est de la survie? Est-il préférable de vivre comme un animal sans conscience du monde ou bien de s'accomplir homme?"  

 

C'est ainsi que la colombe blanche s'envole de son nid pour aller chercher de quoi nourrir ses petits. L'un d'entre eux, par un hasard qui ne devait pourtant que bien peu à la fortune, égara son regard dans quelques abîmes supérieurs. Alors, troublé et à la fois excité par sa découverte il en parle à ses compagnons. Un autre l'avait déjà aperçu, cette chose appelé ciel, dans lequel maman s'envole tous les jours, les abandonnant à leur propre sort. La méditation sur l'infini n'est point une bonne chose pour la finitude. Le malaise gagne alors peu à peu le nid.

 "Bon nous voilà arrivés. On va prendre le métro puis aller jusqu'à Part Dieu, où Clement nous attend.

-Ce n'était pas si long pour finir, par rapport à hier soir!

-Non c'est sur, quand Sarkozy ne fait pas de meeting, ils ne coupent pas les bus!

-Tu en penses quoi, toi, de ces élections en fait?

-Je me pose beaucoup de questions. J'ai sincèrement peur. Peur de ce monde dans lequel nous évoluons. Peur que les hommes pensent avant tout à ces fameux problèmes francofrançais dont tu me faisais part tout à l'heure. Peur de cet individualisme qui essaie de nous déresponsabiliser. Mais on ne construit rien avec la peur n'est-ce pas?

-Oui.

-Voilà. Partagé entre impression d'impuissance et cette envie de faire changer les choses. Mais où se situe la limite de la passion politique? Où nous faut-il nous arrêter pour ne pas tomber dans la foi aveugle dans laquelle se jettent ceux que nous critiquons? Il ne nous faut pas juger des individus et les enfermer dans un cadre, car ils possèdent tous cette capacité de changer mais je crois qu'il nous appartient de condamner leurs actions.

-Mais au nom de quoi? Au nom de quelles idées peux-tu condamner celles des autres?

-Au nom de ces quelques valeurs universelles, ces "intuitions absolues". Je ne peux affirmer que -mets ton ticket pour ouvrir la porte du métro- oui, je ne peux affirmer que mes idées sont meilleures que les leurs, mais ne puis-je pas trouver quelques valeurs en dehors de toute temporalité, de toute culture? Ne puis-je affirmer, par exemple, que la vie est préférable à la mort? Pourtant cela n'est pas explicable, si ce n'est par le fait que rien ne serait possible sans vie et que la mort seule ne se suffit pas. Alors il faut se cantonner à ces quelques valeurs universelles, mais quelles valeurs!

-Oui, enfin...

-Oui? -Pourquoi ce métro ne vient toujours pas?-

 

 

-Tu sais défois je me sens supérieure aux autres. Quand je les vois, tous, à ne pas réfléchir et à rester dans leurs contradictions, je sens un sentiment de supériorité et je sais que c'est mal mais...

-Mais tu le ressens quand même?

-Oui.

-Je crois que nous ressentons tous cette impression de se sentir supérieur à un autre, à un moment ou à un autre. Comment ne pas le ressentir? Ne serait-il pas valable défois de ne pas se sentir supérieur à quelqu'un qui tient des propos racistes? Ne l'avons-nous jamais trouvé ridicule? Mais c'est justement peut-être à ce moment là que nous devons nous démarquer de lui. C'est à ce niveau là que la démocratie a refusé la peine de mort pour s'élever au-dessus des meurtriers. C'est à ce même niveau que tu dois te faire violence pour réprimer ce sentiment de supériorité, c'est à ce moment que tu ne dois pas devenir celui qui te répulse: sois plus intelligente que lui, reconnaît lui l'égalité, tu reconnaîtras par ce fait toute la responsabilité qu'il doit tirer de ses actes et propos. Tu n'es peut-être pas responsable de ce que tu peux ressentir au premier abord, mais tu l'es de tes décisions. L'homme est capable des plus belles choses comme des pires. A toi de décider lesquelles tu décides de faire."

 

Lyon. Deuxième plus grosse ville de France si l’on prend en compte l'agglomération. Autrefois la capitale des Gaulles, elle fut le symbole même de la résistance, comme de la collaboration, ce que les habitants ont souvent tendance à oublier. Ville étudiante, l'ambiance des vieux quartiers lyonnais reste très médiéval. Afin d'optimiser la circulation, la Communauté urbaine de Lyon possède un grand réseau de transport en commun.  

 

"Mesdames Messieurs, en raison d'un incident voyageur sur la voie, la ligne A sera fermée jusqu'à nouvel ordre. Nous vous invitons à contacter les agents TCL. Merci de votre compréhension."

 

"Merde, encore une TS!"

 

"Putain fait chier! Il aurait pas pu choisir un autre jour pour se suicider? On va être en retard!"

 

La colombe rentrant au nid ne craint que quelques prédateurs soient venus tuer ses petits. Après s'être approchée, elle aperçoit un de ses petits écrasé au sol et un second avec les yeux crevés, mais le reste de ses petits dort tranquillement. Bientôt ils se réveillent et réclament de quoi manger.

Par Philolune - Publié dans : Racontage de Vie
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Jeudi 12 avril 2007

Petit engagement avant le premier tour des élections présidentielles et en prévision des législatives.

 

 

Je sais que beaucoup n’aiment pas mon style argumentatif, assez pauvre il faut l’avouer, mais je pense que pour respecter mes engagements, je me dois de faire part, ici, dans cet espace qui m’est réservé, de mes opinions, mes envies, mes aspirations, mes espoirs, mes luttes. Car après tout nous essayons tous de construire le monde que nous voulons, et cela passe par le dialogue, par des idées exposées. Me viennent à l’esprit les quelques mots de Descartes dans le Discours sur la Méthode (le fameux !) : « Il ne faut pas être étranger à son époque ». Je ne suis pas étranger à mon époque, je me refuse à l’être.

 

 

Ces derniers jours j’ai eu à beaucoup apprendre sur moi-même. Des choses trop intimes pour être dites comme cela, mais qui sont présentes dans chacun de mes engagements, de mes articles. Il y a certaines choses pour lesquelles je me  battrais toujours, il y a ces choses pour lesquelles je pense tout homme devrait se battre.

 

 

 Bien sur il y a exister « homme » et vivre « homme ». Il y a survivre et vivre. (Pour la suite je parlerai d’hominidé dans le premier cas, parce que l’individu ne s’élève et ne s’accompli pas homme). Voilà pourquoi lors d’un récent débat, très riche, avec une amie, je lui exposais que bien qu’on puisse mettre des priorités dans ce monde, le droit à l’éducation n’est pas à comparer à celui de vie. Oui, je lui ai emboîté le pas, et je lui ai dit que sans vie, il n’y avait aucune éducation possible ; mais la vie vaut-elle sincèrement la peine si nous restons de simples animaux ou bien n’est-elle pas intéressante à partir du moment où nous commençons une certaine élévation de l’esprit ? Mais ce débat m’a ouvert les yeux sur une chose importante, qui fait partie de moi, au plus profond : la valeur de la vie. Oui, il y a des choses plus importantes que d’autres.

 

 

Les considérations économiques actuelles peuvent faire place à de formidables débats, tous très intéressants. Bien que les visions économiques se basent elles aussi sur certains idéaux, je pense qu’elles sont secondaires. Comment cela ?! Comment osé-je affirmer que l’économie n’est qu’un point secondaire sur la scène politique ?! La réponse est qu’il existe aujourd’hui des personnes qui meurent de faim, non je dirais même qui crèvent de faim. Oui. Quel mot étrange. Presque ridicule non ? En a-t-on vraiment conscience ? Combien d’entres vous auront tremblé à cette idée ? Hélas, pas beaucoup. Il faut aussi que je me force pour me rendre compte de la gravité de la chose. Certains souriront, oui, et ben ceux là feraient mieux de ne pas lire ces lignes et de ne plus les lire. On pourra me traiter d’intolérant, en refusant le dialogue avec certains, mais je ne pense pas que je sois pédant en demandant à mon interlocuteur un minimum de réflexion et un partage de valeurs qui en découle ; mais je pense qu’il n’y a pas d’orgueil à vouloir parler avec des hommes. Je ne partage pas de conversations avec ma chatte, je ne vois pas pourquoi j’en entretiendrais avec des hominidés. Toutefois, comprenez que chaque homme a la possibilité, de réfléchir par lui même, et par ce « devenir conscient » du monde, il s’accomplit homme. L’accomplissement homme de l’hominidé est possible pour tous, il ne faut donc pas condamner l’individu mais ses actes. Je condamne le manque de réflexion, mais je ne peux condamner la personne car cela serait l’enfermer dans un cadre et je l’empêcherais ainsi d’évoluer.

 

 

Une fois ce minimum de réflexion acquis, un avoir conscience profond de l’autre s’opère. Après avoir pris conscience de l’autre il vient une chose évidente. On pourrait parler ici de Hegel (dialectique de l’esclave), Descartes (prise de conscience par analogie), Sartre (exemple du jardin), Levinas (reflet de moi-même) ou encore Nietzsche et Freud (expérience de la vie par l’autre), mais je préfère citer Kant avec son impératif catégorique, souvent vulgarisé par « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’autrui te fasse ». Je préfère la formule plus proche de l’impératif catégorique de Kant, qui me paraît moins égocentrique : agis de sorte que ton action soit universalisable. On peut alors agir de deux sortes de façons : par amour du prochain et par amour de la morale. Je prends ici quelques distances par rapport à Kant, car je pense qu’il faut des deux. Je pense qu’agir envers autrui par amour est quelque chose de tout à fait honorable. L’amour l’est tellement ! Mais c’est aussi, je ne l’oublie pas au contraire, très important d’agir par amour de la morale. Agir parce que quelque chose est juste, tout simplement, sans penser à une quelconque glorification, remerciement, ou autre profit. Juste pour faire quelque chose de bien.

 

 

C’est ainsi qu’on arrive au cœur même de mon engagement politique. Beaucoup de gens voteront d’ici quelques jours pour leur intérêt. Dans le principe même de la démocratie, je ne peux leur en vouloir, celle-ci repose sur le principe même que les gouvernants représentent l’intérêt de la majorité des citoyens. Par habitude, on a demandé aux gens de voter dans leur intérêt. On nous a fait croire que l’intérêt commun, du plus grand nombre, était le préférable. Excusez moi de bousculer vos opinions, mais ce vote est le plus égoïste qu’il soit. Oui, ceux qui pensent que la société n’est possible qu’à l’aide de l’interégoïsme me rétorqueront nombre de choses ! Et bien je vous dis non. Je vous dis que les hominidés le font, mais je vous dis que j’essaie de m’élever homme et que pour cela je veux construire une humanité qui peut être fière d’elle-même. Voilà une chose qui m’a profondément choquée dans cette campagne électorale, que j’ai trouvée dans tous les partis : « votez pour Vous ». Non, j’ai envie d’un autre mode de vote, j’ai envie qu’on reconsidère certaines valeurs comme je l’ai fait plus haut avec la vie et l’éducation, j’ai envie que l’on comprenne que les choses n’ont pas toutes la même valeur ! Si je vote pour mon propre intérêt, il faut alors que je puisse dire, en essayant au plus possible de m’extérioriser de ma situation, que mon intérêt est aussi important que celui de mon prochain. Je pourrais très bien voter Bayrou (et encore le vote utile est une telle hypocrisie !), en me disant qu’il possède plus de chances qu’un candidat de gauche (Ségolène Royale ou Marie George Buffet) de battre Sarkozy, et qu’il adopterait ainsi le mariage homosexuel, mais je sais aussi pertinemment que Bayrou a voté toutes les lois proposées par Sarkozy sur l’immigration et la délinquance ! Que quelqu’un ose se regarder dans un miroir en se disant qu’il a voté pour son intérêt de « confort » (même si la question du mariage gay est plus que du confort mais un véritable droit), tandis que des familles sont déchirées, traînées dans la boue, des hommes, des femmes et des enfants frappés en centre de rétention et drogués pour être mis dans des avions.

 

 

Certains appellent cela de l’idéalisme. A moi de leur répondre maintenant, à les avoir trop entendus, au nom de tous ceux qui croient en ces valeurs et qui se battent pour un monde humainement et philosophiquement meilleur : vous osez dire que le monde est beaucoup plus noir que celui que nous voulons bâtir, vous allez même jusqu’à embrumer les esprits des plus faibles leur montrant d’une main assurée les faces les plus sombres de nos temps et en leur passant de l’autre main la corde au cou, mais sachez qu’il existe encore des hommes et des femmes qui ne se laissent pas décourager par vos manigances. On essaie de nous persuader que croire en la vie c’est de l’utopie, que croire en certaines valeurs comme l’amour, la paix, la générosité, l’amitié est un luxe, mais pourtant ne sommes nous pas en vie ? L’humanité ne définit-elle pas ses valeurs par sa propre volonté ? Il nous appartient encore de décider de nos valeurs, et ce sont des menteurs à nous dire que des combats sont perdus d’avance. Comment le savoir ? La réponse est simple : ces personnes là sont égoïstes et lâches et le courage de ceux qui ne cessent de se battre les effraie , mais sachez qu’ils ont bien raison d’avoir peur. Un jour j’espère qu’ils seront violentés, non pas par nous ou par une quelconque force physique, mais j’espère que ces gens là prendront un jour leur égoïsme en plein visage et qu’ils auront honte de ce qu’ils ont fait.

            Alors que depuis plusieurs mois des candidats se battent pour s’arracher des « valeurs » comme la patrie, la nationalité, l’Argent (oh oui l’Argent !), et se prêtent à des discours plus démagogiques les uns que les autres, je n’ai pas honte d’affirmer ce que je pense, et ce qui découle du raisonnement logique que j’ai exposé plus haut : chaque individu sur terre devrait naître égal, car nous sommes tous hominidés et tous capables de nous accomplir homme. Mais je ne suis pas de ceux qui ne tiennent un raisonnement qu’à moitié, non, l’égalité est plus qu’une simple idée, qui reste floue pour certains, l’égalité est transcendante, l’égalité… Comment osons nous humilier des individus et les traiter comme de la vermine ( des sous animaux ) ?

 

 

Pour finir cet article qui commence à se faire long, je vais résumer le côté pratique de mes conclusions: je pense que certaines choses, bien qu’évidentes, n’existent pas dans notre pays, et qu’il faudrait à mon goût avant de parler de considérations économiques s’y accorder (ex : condamnation très ferme des crimes raciaux et religieux, revalorisation totale de la place de l’environnement dans notre société, mariage pour les couples homosexuels, …). L’égoïsme n’est pas une fatalité, il existe des personnes généreuses et je veux croire en elles, parce qu’elles m’ont montré ce dont elles étaient capables, et que je ne suis pas de ceux qui choisissent la fatalité et la facilité.

 

 

Voilà pourquoi je voterai(s) à gauche, non pas dans l’extrême qui ne construit rien, mais qui se réclame simplement de l’opposition, voilà pourquoi je voterai(s) communiste, voilà pourquoi je voterai(s) pour le Parti Communiste Français.

Par Philolune - Publié dans : Sujet de Société
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